
Dans cette salle de bain, l’objectif de départ était clair : remplacer une baignoire par une grande douche plus confortable et plus pratique au quotidien. Tout l’intérêt du projet se trouve dans la méthode : utiliser les contraintes du chantier pour mieux agencer l’espace. Les réseaux deviennent une tablette pratique, le décroché technique imposé devient deux niches éclairées. C’est ce qu’on appelle concevoir avec les contraintes plutôt que contre elles. Avant de lancer ce type de projet, retrouvez les points à vérifier avant de demander un devis de rénovation salle de bain pour anticiper les postes souvent oubliés.
Par Clara AJMAR, architecte d’intérieur diplomée & paysagiste DPLG – Mai 2026
Une contrainte de chantier bien intégrée devient un atout. C’est ça, concevoir une salle de bain.
1. État des lieux : la salle de bain avant travaux
2. Dépose et découverte des supports : ce qu’on trouve dans une salle de bain années 2000
3. Intégrer les réseaux : tablette technique, niches et faux plafond
4. Le plan d’ensemble de l’appartement
5. Revêtements et finitions : carrelage, émaux irisés et meuble vasque
Clara et Mathieu commentent en détail la transformation de cette salle de bain dans cette vidéo.
État des lieux : la salle de bain avant travaux
À l’origine, cette salle de bain était organisée autour d’une baignoire dans un T4 de 86 m² situé dans une résidence des années 2000. Le propriétaire souhaitait la remplacer par une grande douche, plus confortable et plus adaptée à l’usage quotidien. Le projet est simple à formuler. C’est le chantier qui révèle les vraies contraintes.

Dépose et découverte des supports : ce qu’on trouve dans une salle de bain années 2000
Une fois le projet défini, on lance la dépose. Et c’est là qu’apparaît la première contrainte importante : les supports existants. Dans ce type d’appartement construit dans les années 2000, on retrouve souvent des cloisons alvéolaires. Le problème : au moment de déposer le carrelage ou de réaliser des découpes, ces cloisons peuvent s’arracher ou perdre en stabilité.

On a donc repris les supports côté salle de bain, puis retravaillé aussi la cloison côté cuisine, parce qu’on avait un doute sur sa résistance dans le temps et sur la tenue des meubles hauts de la cuisine. C’est un point à garder en tête systématiquement : dans une rénovation de salle de bain, le coût ne se limite pas à la douche, au carrelage et au meuble vasque. Il faut aussi anticiper l’état des supports, surtout quand on veut repartir sur une salle de bain durable. Ce poste est l’un des plus souvent sous-estimé dans les devis.
Dans les appartements construits entre 1990 et 2010, les cloisons alvéolaires sont très fréquentes. Avant de valider un devis de rénovation salle de bain, demandez systématiquement une vérification des supports existants. Une reprise de cloison découverte en cours de chantier peut représenter 500 à 1 500 euros de travaux supplémentaires non prévus.
Intégrer les réseaux : tablette technique, niches et faux plafond
Après la dépose, on crée tout un système de caissons autour de la douche. L’idée est de faire passer les arrivées d’eau et les évacuations en périphérie sans les subir. On les intègre dans une tablette à 90 cm de hauteur, qui devient à la fois un élément technique et un vrai confort d’usage : une surface de pose naturelle dans la douche, stable et pratique.

Les plâtreries démarrent ensuite : doublages techniques pour faire passer proprement les réseaux d’eau, reprises des cloisons en plaques hydrofuges, faux plafond pour intégrer les spots. Dans une salle de bain en rénovation, les caissons, les doublages et les faux plafonds ne sont pas seulement là pour cacher les contraintes. Bien intégrés, ils deviennent des éléments utiles au projet.

Côté douche, un décroché assez disgracieux était imposé par la colonne technique et le passage d’évacuation d’eau provenant de l’appartement du dessus, réalisé à la construction et légalement non modifiable. Plutôt que de le subir, on décide de l’intégrer au projet : on s’aligne sur ce décroché pour créer un caisson avec deux niches carrelées pour les produits d’hygiène, et on fait passer la ventilation à l’intérieur. Une contrainte technique transformée en vrai atout fonctionnel.

Sur ce projet, la colonne technique et l’évacuation de l’appartement du dessus étaient non modifiables. Plutôt que d’essayer de les masquer maladroitement, on s’est alignés dessus pour créer deux niches carrelées aux émaux irisés. Le résultat est plus propre et plus utile qu’un simple cache. C’est systématiquement la meilleure approche sur les contraintes non négociables.
Le plan d’ensemble de l’appartement
Cette salle de bain s’inscrit dans un projet de rénovation globale d’un T4 de 86 m². Pour comprendre comment les choix de la salle de bain s’articulent avec la redistribution de l’entrée, de la cuisine et du séjour, retrouvez l’analyse complète du plan dans la vidéo dédiée à l’aménagement de cet appartement 86 m² : relier l’entrée, la cuisine et le séjour.
Revêtements et finitions : carrelage effet parquet, émaux irisés et meuble vasque
Une fois la structure mise en place, on passe aux revêtements. Le propriétaire choisit un carrelage effet parquet au sol pour réchauffer l’ambiance, et un carrelage mural ton pierre combiné à un bleu profond, plus doux et plus lumineux. Dans la douche, les deux niches sont travaillées avec des émaux irisés : ce détail vient souligner la profondeur, accrocher la lumière et donner du caractère à la salle de bain.
Le meuble vasque effet bois est posé avec une réserve à gauche et à droite pour une installation propre et une maintenance simplifiée. Sous la vasque, un caisson amovible est réalisé autour des tuyaux : finition propre tout en conservant un accès technique. Enfin, une petite masquette en placo hydrofuge carrelé limite les retours d’eau une fois la porte de douche installée et soigne le détail de finition.
Sur l’éclairage : dans une salle de bain, les spots doivent impérativement être adaptés aux pièces d’eau, avec un niveau de protection suffisant contre l’humidité et les projections. C’est un point de sécurité non négociable qui conditionne aussi la pérennité de l’installation.

Le résultat final illustre bien l’intention de départ : on ne s’est pas contentés de remplacer une baignoire par une douche. On a utilisé chaque contrainte du chantier pour améliorer le projet. La baignoire devient une grande douche extra-plate, les réseaux deviennent une tablette, le décroché technique devient deux niches éclairées. Une salle de bain plus moderne, plus confortable et beaucoup plus cohérente avec l’usage quotidien. Retrouvez l’ensemble de nos projets de rénovation sur la chaîne ArchiWorking.
Clara AJMAR
Combien coûte la transformation d’une baignoire en douche dans un appartement ?
Le coût dépend de l’état des supports existants, de la configuration de la salle de bain et du niveau de finition souhaité. En moyenne, un projet de rénovation de salle de bain se situe généralement entre 4 000 et 12 000 euros, selon la qualité des finitions, les matériaux choisis et les travaux à réaliser. Sur ce projet, le budget intègre la reprise des cloisons alvéolaires, la création de caissons techniques, le faux plafond, les carrelages et le meuble vasque. Un poste souvent sous-estimé concerne la reprise des supports découverts après la dépose : selon l’état des murs, des sols ou des réseaux, ces ajustements peuvent représenter 500 à 2 500 euros supplémentaires.
Peut-on modifier une colonne technique dans une salle de bain en copropriété ?
En règle générale, les colonnes techniques et évacuations communes réalisées à la construction sont non modifiables car elles appartiennent aux parties communes de la copropriété. Il faut distinguer la colonne elle-même et la zone technique autour : une intervention dans cet espace reste parfois envisageable avec un accord de copropriété, ou si la colonne a été surdimensionnée sur les plans d’origine. La bonne approche reste de s’aligner sur la position de la colonne pour intégrer des éléments utiles : caisson, niche, tablette.
Quels spots choisir pour une salle de bain rénovée ?
Des spots adaptés aux pièces d’eau avec un indice de protection (IP) suffisant contre l’humidité et les projections. Dans une salle de bain, le choix de l’éclairage est un point de sécurité non négociable : un spot standard non adapté aux pièces humides peut créer un risque électrique à court terme.
Comment intégrer les réseaux d’eau dans une douche sans colonne technique à proximité ?
En créant une tablette technique à hauteur fixe (90 cm sur ce projet) qui fait passer les arrivées d’eau et les évacuations en périphérie de la douche. Cette tablette devient simultanément un élément fonctionnel (surface de pose dans la douche) et technique (passage des réseaux). C’est la solution la plus propre quand la colonne existante est trop éloignée ou non modifiable.
